Tentant. Les offres de téléphonie illimitée vers tous les opérateurs fixes et mobiles fleurissent. Dès 19 euros par mois, il est désormais possible de téléphoner « no limit ». Certes, lorsqu’elles sont à petits prix, ces offres sont adossées à des conditions drastiques pour les consommateurs. A 19 euros (chez Zéro Forfait, sans SMS ni Internet), on ne peut appeler que 19 numéros en illimité. D’autres opérateurs proposent des offres plus abondantes: chez Prixtel, on peut téléphoner en illimité auprès de 50 correspondants (SMS illimités inclus, mais pas Internet) moyennant une dépense mensuelle de 29,99 €/mois. Mais pour ne plus avoir à vérifier le nombre d’interlocuteurs que l’on appellera sans compter, il faut dépenser beaucoup plus : 44,99 €/mois chez NRJ Mobile ; 85 euros chez SFR ; 89,90 € chez Bouygues Telecom ou 99 € chez Orange…
Les recettes des opérateurs virtuels
Comment les opérateurs parviennent-ils à gagner leur vie dès lors qu’ils ne facturent plus leurs communications à la minute ? Si l’on n’est pas inquiet pour les revenus des opérateurs historiques (Orange, SFR, Bouygues) qui disposent de leur propre réseau, petite crainte, quand même, pour les opérateurs virtuels (NVNO), qui représentent peu ou prou 10% du marché de la téléphonie en France.
Contraints d’appliquer des tarifs low cost pour se démarquer, ils ont des recettes bien à eux. « La problématique est d’abord de gagner de l’argent, mais aussi de recruter en illimité des clients raisonnables en termes de durées de communication pour que l’éco-système fonctionne bien », explique Patrick Gentemann, Président de Zéro Forfait.
Autrement dit, le MVNO mise sur un juste équilibre entre ses abonnés en illimité : ceux qui seront gourmands, et ceux qui ne le seront pas trop.
Des coûts d’achat « de gros » en baisse
Autre condition que pour le système fonctionne : limiter le nombre de correspondants et la durée des appels (deux, voire trois heures maxi par appel). Ceci permet également aux opérateurs d’éviter que les call-box (les centres d’appels) ne souscrivent à leurs forfaits illimités. Lesquels forfaits sont évidemment restreints géographiquement à la France métropolitaine.
Engagement ou pas ? Tout dépend de l’opérateur, l’offre Ultimate Illimité de NRJ Mobile supposant par exemple de s’engager sur 12 ou 24 mois. Et si l’on entre dans la cuisine interne des opérateurs, d’autres arguments leurs permettent d’espérer vivre –et bien vivre- sur leurs forfaits illimités.
Anthony Poyac, le Directeur général de Prixtel qui propose depuis un mois son forfait illimité Sumo (29,99 €/mois vers 50 correspondants) rappelle deux recettes essentielles : « D’abord, le prix des terminaisons d’appels, soit le tarif reversé à l’opérateur du correspondant appelé, est passé de 10 centimes d’euros à moins de 1 centime en quelques années. Cela permet, au même titre que notre parc d’abonnés croissant, de négocier des coûts d’achat à la minute plus bas. Par ailleurs, avoir du recul –comme c’est notre cas depuis 2009- sur la consommation réelle des clients en illimité, permet d’ajuster au mieux nos offres ».
Selon le Président de Prixtel, les clients illimités appelleraient ainsi en moyenne 32 numéros par mois.
Téléphoner jusqu’à plus soif
Un constante, enfin selon Patrick Gentemann: « les forfaits illimités, c’est comme les open-bars, à un moment donné, on n’a plus soif. Là, c’est un peu la même chose. Le premier mois, un nouvel abonné illimité consomme beaucoup. Puis le trafic diminue ».
Reste que les opérateurs historiques, qui concentrent 90% du marché, ne sont peut-être pas prêts de « casser » les prix de leurs forfaits illimités. Faute de réelle concurrence, rien ne les y incite…
Si l’arrivée prochaine de Free sur le marché redistribuera –c’est à espérer- les cartes, c’est aussi la mentalité des consommateurs qui doit évoluer d’après Anthony Poyac, chez Prixtel : « Les gens sont conditionnés par un marché pervers à base de forfaits, de durées d’appels et d’engagements. Lorsqu’on leur parle d’Illimité, ils y associent forcément un prix fort ! ».
sources:techyou.fr
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